En Suisse, le principe veut que chaque personne résidant dans le pays se voie attribuer une place protégée. Cet objectif datant des années 1960 est aujourd’hui presque atteint. Les quelque 370 000 abris privés et publics offrent en principe des places protégées à l’ensemble de la population. Des différences existent d’un canton à l’autre, et des lacunes peuvent être constatées sur le plan local, notamment dans les centres-villes et les régions périphériques. Les zones qui connaissent une croissance démographique ont également besoin de davantage de places protégées.
L'abri - Information sur le but, la structure et l'utilisation des abris de protection pour les personnes. Voir en ligne
IInformations sur les abris de 200 à 800 places destins à la protection. Voir en ligne
Refuge en cas de conflit armé
Les abris ont été conçus pour servir de refuge à la population en cas de conflit armé, mais peuvent également servir d’hébergements d’urgence en cas de catastrophe ou de situation d’urgence. Ils garantissent une protection de base contre un large éventail d’effets directs et indirects des armes. Grâce à leur enveloppe en béton et à leur système de ventilation, les abris offrent à la population une chance de survie importante dans de nombreuses situations de menace.
Obligation de construire des abris
L’obligation de construire des abris permet aux cantons de combler les lacunes dans l’infrastructure de protection tout en tenant compte de la croissance démographique. Lorsqu’il n’y a pas assez de places protégées dans une commune, les propriétaires d’immeubles doivent réaliser, équiper et entretenir des abris lors de la construction d’habitations. Si aucun abri n’est construit (p. ex. pour des raisons techniques ou parce qu’il existe déjà suffisamment de places protégées), une contribution de remplacement d’un montant de 1400 CHF par place protégée doit être versée. Dans les régions où il n’y a pas assez d’abris, les communes doivent construire des abris (publics). Il est possible d’utiliser les contributions de remplacement pour financer ces abris. Les contributions de remplacement servent également à la rénovation (maintien de la valeur) des abris publics et privés.
Des abris de différentes dimensions
Il existe différents types et variantes d’abris, avec des dimensions et des plans variés, des plus petits pour cinq personnes à ceux pouvant en accueillir plus de mille. L’abri privé dans les caves des maisons individuelles et des immeubles est le type d’abri le plus connu. Celui-ci comprend en général des places protégées pour 5 à 50 personnes, selon la taille de la maison ou du lotissement. De nombreuses communes disposent en outre d’abris publics plus importants (p. ex. sous les écoles ou les bâtiments administratifs). Pour des raisons économiques et organisationnelles, la priorité est accordée à la réalisation de grands abris.
Schutzbauten bis 800 Plätze
Construction d’un abri
Le principe et les exigences sont les mêmes pour tous les abris, qui sont largement normalisés et standardisés, et construits avec des composants soumis à des essais. Ils sont conçus et équipés de manière à réduire les coûts, l’encombrement et les frais d’entretien. L’effet protecteur est l’objectif principal :
La résistance mécanique de l’abri est due à son enveloppe (sol, murs, dalle). Celle-ci est construite en béton armé. Les ouvertures sont fermées par des portes et des volets blindés, également en béton armé.
L’abri dispose d’au moins une sortie de secours ou d’une voie d’évacuation. Ainsi, il est possible de le quitter même si l’entrée n’est plus utilisable (p. ex. en cas d’effondrement du bâtiment).
Pour garantir l’apport d’air frais, l’abri est équipé d’un système de ventilation. Celui-ci comprend la prise d’air, la valve anti-explosion et le préfiltre, le groupe de ventilation (appareil de ventilation) et le filtre à gaz ainsi que la soupape de surpression et la valve anti-explosion, en plusieurs exemplaires pour les abris de grande taille.
Contrairement aux petits abris, les abris plus grands disposent d’un sas. Lorsque la ventilation est en marche, celui-ci garantit que l’air extérieur (éventuellement contaminé) ne pénètre pas dans l’abri au moment d’y entrer ou d’en sortir.
Les grands abris disposent d’un aménagement plus étendu, comme une cuisine et un approvisionnement en eau.
Équipement des abris : lits et toilettes sèches
Le propriétaire doit équiper l’abri du matériel nécessaire à un séjour prolongé. L’équipement obligatoire d’un abri se compose depuis 1987 de lits et de toilettes sèches ; des cabines de toilettes sont prévues pour les grands abris. L’équipement doit être entreposé sur le site de l’abri.
Utilisation privée au quotidien
Dans la vie courante, les abris peuvent être utilisés comme entrepôt, cave, salle de bricolage et de jeux, local de société ou d’archivage, etc. Afin de garantir la fonction de protection, aucune modification ne doit être apportée à l’enveloppe de l’abri, aux fermetures et aux installations techniques. Les projets d’adaptation de la construction et de modification de la structure ou des systèmes techniques de construction de protection doivent être soumis à l’approbation des autorités compétentes.
Obligation d’entretenir les abris
Le propriétaire est tenu de veiller à l’entretien et de maintenir l’accès à l’abri et à ses équipements, notamment en vue des contrôles périodiques des autorités. L’objectif est d’assurer la disponibilité opérationnelle de l’abri en cas de besoin. Les travaux d’entretien comprennent le contrôle et le nettoyage de l’abri. En cas de défaut ou de dégât, l’autorité cantonale compétente en matière de protection civile peut fournir des renseignements.
Les différentes étapes de la préparation
Les abris doivent pouvoir être occupés dans un délai de cinq jours. Comme les abris sont utilisés à d’autres fins en temps de paix, ils doivent d’abord être préparés et aménagés pour être occupés. En vue de l’utilisation (éventuellement répétée) de l’abri, que ce soit pour plusieurs heures ou plusieurs jours, il convient de mettre en place l’équipement (toilettes, lits). Les différents éléments de l’abri doivent être vérifiés et aménagés pour assurer leur bon fonctionnement.
Planification d’attribution
Les cantons ou les communes sont tenus de planifier et d’actualiser régulièrement la répartition de la population dans les abris. La planification d’attribution est communiquée lorsque la situation en matière de politique de sécurité l’exige. Les communes et les cantons peuvent alors en informer la population par différents canaux.
FAQ
Les abris sont en premier lieu conçus pour le cas d’un conflit armé. Ils protègent contre les effets des armes modernes, c’est-à-dire qu’ils offrent une protection contre la pénétration d’agents de combat NBC et les dommages collatéraux des armes conventionnelles. Ils peuvent également servir d’hébergements d’urgence en cas de catastrophe ou de situation d’urgence.
Les quelque 370 000 abris privés et publics offrent en principe des places protégées à l’ensemble de la population. Il existe toutefois des différences entre les cantons ainsi que des lacunes au niveau local, notamment dans les centres-villes et les régions périphériques.
Les abris doivent pouvoir être occupés dans un délai de cinq jours. Le propriétaire est tenu de veiller à l’entretien et de maintenir l’accès à l’abri et à ses équipements, notamment en vue des contrôles périodiques des autorités (au moins tous les dix ans).
Oui. Dans la vie courante, les abris peuvent être utilisés comme entrepôt, cave, salle de bricolage et de jeux, local de société ou d’archivage, etc. Les abris conçus comme des parkings souterrains sont en général utilisés pour abriter des véhicules. En cas d’utilisation à des fins étrangères à la protection civile, il convient d’observer notamment les consignes relatives à la sécurité au travail, aux installations électriques et à la protection contre l’incendie. Afin de garantir la fonction de protection, aucune modification ne doit être apportée à l’enveloppe de l’abri (sol, murs, dalle), aux fermetures (portes, volets et parois coulissantes blindés) et aux installations techniques (p. ex. système de ventilation). Les projets d’adaptation de la construction et de modification de la structure ou des équipements techniques doivent être soumis à l’approbation des autorités compétentes.
L’abri se trouve à proximité du domicile (en règle générale à moins de 2 km). L’attribution des abris est communiquée lorsque la situation en matière de politique de sécurité l’exige. Vous pouvez toutefois vous renseigner auprès de l’autorité cantonale compétente en matière de protection civile dans votre commune ou canton de domicile. Les cantons et les communes sont tenus de gérer la planification d’attribution et de la tenir à jour régulièrement.
En raison des arrivées et des départs, des naissances et des décès, des (nouvelles) places disponibles et d’autres changements, la planification d’attribution est modifiée en continu. Il s’agit d’éviter que des planifications obsolètes ne circulent, ce qui pourrait entraîner de l’insécurité et de la confusion. Les cantons et les communes sont toutefois libres de fournir ces renseignements sur demande aux personnes qui le souhaitent.
Non, le calcul de la planification des abris se fonde sur la population résidente permanente (séjournant plus d’un an dans le pays). En cas d’événement, tout serait bien sûr mis en œuvre pour héberger toutes les personnes en quête de protection. Certaines régions, notamment parmi les destinations touristiques, bénéficient d’un taux de couverture de plus de 100 %. De plus, dans la pratique, l’occupation effective d’un abri ne correspondra pas nécessairement à la planification d’attribution, car certaines des personnes prévues seront absentes à ce moment-là. Une suroccupation est également possible pendant une durée limitée.
D’un point de vue technique, il est possible d’y séjourner de manière permanente pendant plusieurs semaines. Cependant, les planifications actuelles prévoient des séjours courts et répétés, d’une durée allant de quelques heures à quelques jours.
Oui, en cas d’urgence. En principe, la population devrait être en mesure de se nourrir pendant plusieurs jours sans aide extérieure, aussi en cas d’occupation d’un abri. L’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE) conseille de constituer des provisions domestiques comprenant en premier lieu des denrées alimentaires non périssables pour une semaine et 9 litres d’eau par personne. Sans oublier les médicaments essentiels. Voir le lien avec les informations relatives aux provisions domestiques : Provisions domestiques
Pour savoir comment recevoir la radio dans un abri, consultez le lien suivant (dans la rubrique « FAQ Radio d’urgence ») : Information par radio
Ce n’est pas prévu. Les abris ne sont pas conçus pour accueillir les animaux domestiques. Il n’est toutefois pas exclu de pouvoir emmener un animal domestique dans un abri dans certains cas, suivant la taille et l’occupation de l’abri, ainsi que le type d’animal.
Non, il est interdit de cuisiner avec des réchauds à alcool ou à gaz dans les abris en raison du risque d’incendie et de la consommation supplémentaire d’oxygène.
Depuis 1987, l’équipement légal d’un abri se compose de lits et de toilettes sèches. Pour les abris de 30 personnes et plus, des cabines fixes sont prévues pour les toilettes sèches. L’équipement doit être stocké au sec et au propre, soit sur place, soit à un emplacement précis du site, qui doit être indiqué dans l’abri. Dans les abris plus anciens, l’équipement fait encore partiellement défaut aujourd’hui. L’OFPP recommande d’équiper également ces abris, ce qui a déjà été fait dans certains cantons.
Oui. Le propriétaire est tenu de veiller à l’entretien et de maintenir l’accès à l’abri et à ses équipements, notamment en vue des contrôles périodiques des autorités (au moins tous les dix ans). Les travaux d’entretien simples consistent, d’une part, à vérifier, par exemple, l’état du joint en caoutchouc et la mobilité des portes et des volets blindés. D’autre part, ils comprennent le nettoyage de l’abri et de la sortie de secours, y compris du système de ventilation ainsi que, pour les grands abris, des systèmes d’eau potable et d’évacuation des eaux usées. En cas de défaut ou de dégât, l’autorité cantonale compétente en matière de protection civile peut fournir des renseignements. Les travaux d’entretien sur les installations techniques elles-mêmes ne sont pas autorisés. Voir la vidéo sur l’entretien d’un abri :
Il n’est pas prévu de supprimer entièrement les petits abris. Le remplacement des installations de ventilation et de filtrage doit être planifié après 40 ans, car leur efficacité diminue ensuite. Il n’est pas judicieux, ni sur le plan économique ni sur le plan organisationnel, d’entretenir des abris de petite taille dans toute la Suisse. C’est pourquoi, ces dernières années, seuls quelques rares abris de très petite taille ont été construits. Il convient d’examiner dans le détail si le maintien de la valeur d’un petit abri doit être effectué ou si des places protégées doivent être attribuées dans un abri public. Dans certains cas, les constructions protégées des organes de conduite et de la protection civile qui ne sont plus utilisées peuvent également être réaffectées en abris.
Les cantons peuvent désaffecter les abris qui ne répondent plus aux exigences minimales. Ils peuvent également désaffecter un abri répondant aux exigences minimales, pour autant que :
sa présence complique de manière disproportionnée ou rend impossible une transformation dans des bâtiments existants ;
l’abri soit situé dans une zone très menacée ;
l’offre de places protégées soit excédentaire ;
la rénovation occasionne des coûts excessifs.
En tant que propriétaire, vous avez le droit de maintenir votre abri en état même s’il n’est plus pris en compte dans la planification d’attribution. En cas de conflit armé, vous êtes libre d’occuper la place protégée mise à votre disposition ou de vous rendre dans votre propre abri. Il convient de noter que, lors de la rénovation des abris (après 40 ans), seuls des composants disposant d’une homologation valable de l’OFPP peuvent être utilisés.